Combien consomme une yaourtière Rowenta vintage ?
— 9 minutes de lecture
Très mignonne avec son design jaune rétro, cette yaourtière vintage avec son thermostat mécanique consomme-t-elle plus ou moins que les modèles contemporains ?
En résumé
- En préparant une fournée de 10h par semaine, la consommation annuelle sera de 5,46 kWh (1,37 €).
- Une fournée de 7 yaourts consomme 105 Wh (0,026 €), soit 15 Wh (0,004 €) par yaourt.
- Avec son thermostat mécanique, ce modèle vintage est plus économe que la SEB Classic (29% de moins) et que la SEB Multi delices moderne (environ 53% de moins).
- Le thermostat coupe vraiment l’alimentation entre les chauffages, ne laissant que 400 mW pour le témoin lumineux.
Le matériel
Cette yaourtière Rowenta vintage m’a été donnée sur un marché aux puces. Je l’ai acceptée sans vraiment en avoir besoin, simplement parce qu’elle était mignonne avec son design jaune rétro. Mais une fois branchée, j’ai découvert qu’elle cachait une surprise : un thermostat mécanique qui claque toutes les quelques minutes pendant la cuisson.
Elle permet de préparer 7 yaourts par fournée, comme la plupart des yaourtières classiques.
L’appareil est d’une simplicité désarmante : pas de bouton, pas de réglage, pas même d’interrupteur. Il faut brancher la prise pour la mettre en marche. Un témoin lumineux rouge confirme qu’elle fonctionne. Il faut surveiller soi-même le temps de cuisson et débrancher manuellement.
Méthode de mesure
La yaourtière Rowenta est branchée sur une prise connectée Shelly Plus PlugS qui permet de mesurer sa consommation.
La puissance instantanée est collectée et enregistrée une fois par seconde.

À l’intérieur
Voici l’intérieur de la yaourtière avec les 7 pots et leurs gros couvercles en plastique jaune :

Une fois les pots retirés, on découvre le bac de chauffe en plastique jaune :

Retourné, le bac ne révèle pas grand-chose de plus, juste une vis centrale et quelques inscriptions :

Consommation
Informations fournies par le fabricant
Zoomons sur les inscriptions que nous avions aperçues sous le bac :

Les inscriptions moulées dans le plastique indiquent « Rowenta KG-76 220 V ~ 25W », soit une puissance nominale de 25 W.
Une cuisson complète
Pour ce test, nous préparons 7 yaourts selon la recette classique : un yaourt nature mélangé à 3/4 de litre de lait :

Une fois la préparation versée dans les pots et ceux-ci placés dans la yaourtière, nous sommes prêts à lancer la cuisson :

Après avoir fermé le couvercle et mis en marche, le témoin lumineux rouge s’allume :

Pour une cuisson d’environ 10h, on mesure une consommation de 105 Wh (0,026 €) :
| Consommation | 105 Wh — 0,026 € |
|---|---|
| Durée | 10h1min |
| Puissance | médiane | moyenne | maximale |
|---|---|---|---|
| 400 mW | 10,5 W | 32,7 W |
On observe un comportement intéressant : après un chauffage initial continu, la consommation alterne entre des périodes de chauffe autour de 32 W et des périodes d’arrêt à 400 mW. C’est le signe caractéristique d’un thermostat mécanique qui régule la température.
Pendant la cuisson, on entend d’ailleurs régulièrement des petits claquements : c’est le thermostat qui s’enclenche et se déclenche pour maintenir la température idéale. Au fil des heures, les périodes de chauffe deviennent de plus en plus courtes et espacées, car les yaourts chauds conservent mieux leur température.
La puissance moyenne sur l’ensemble du cycle est de 10,5 W, avec une médiane à 400 mW. Cette médiane très basse indique que l’appareil passe plus de temps éteint qu’allumé, ce qui explique sa faible consommation totale.
Le lendemain matin, les yaourts sont prêts. La condensation sur le couvercle témoigne de la cuisson qui s’est déroulée pendant la nuit :

En détail
Le chauffage initial
Au tout début de la cuisson, la résistance chauffe en continu pendant environ 10 minutes pour atteindre la température cible :
Yaourtière — chauffage initial
| Consommation | 5,21 Wh — 0,001 € |
|---|---|
| Durée | 9min52s |
| Puissance | médiane | moyenne | maximale |
|---|---|---|---|
| 31,9 W | 31,7 W | 32,3 W |
La puissance reste stable autour de 31,9 W (médiane), très proche de la puissance maximale mesurée de 32,7 W. C’est 31% de plus que les 25 W nominaux. Cet écart s’explique en partie par la tension du réseau électrique lors du test : nous sommes à 240V au lieu des 220V de référence. Une résistance de 25 W à 220V consomme 29,8 W à 240V. Le reste de l’écart peut s’expliquer par les tolérances de fabrication.
Cette phase de chauffe initiale consomme 5,21 Wh.
La première heure de maintien
Une fois la température atteinte, le thermostat commence à alterner entre chauffe et arrêt environ toutes les 3 à 4 minutes :
Yaourtière — une heure au début
| Consommation | 14,3 Wh — 0,004 € |
|---|---|
| Durée | 1h |
| Puissance | médiane | moyenne | maximale |
|---|---|---|---|
| 500 mW | 14,3 W | 32,3 W |
On observe des cycles réguliers : le thermostat enclenche la résistance pour réchauffer, puis la coupe une fois la température atteinte. La préparation encore froide nécessite des réchauffages fréquents pour maintenir la température.
Cette première heure de maintien consomme 14,3 Wh, soit une puissance moyenne de 14,3 W.
Voici ce que montre la caméra thermique pendant la cuisson :

L’ensemble de la yaourtière est chaud, avec une concentration de chaleur plus importante dans le bas où se trouve l’élément chauffant.
La dernière heure
En fin de cuisson, les cycles de chauffage s’espacent considérablement :
| Consommation | 9,06 Wh — 0,002 € |
|---|---|
| Durée | 1h |
| Puissance | médiane | moyenne | maximale |
|---|---|---|---|
| 400 mW | 9,05 W | 32,4 W |
Les périodes de chauffe durent environ 2 minutes 30 et sont espacées d’environ 6 minutes 40. Les yaourts chauds conservent bien mieux leur température que la préparation froide du début, le thermostat a donc moins besoin d’intervenir.
Cette dernière heure ne consomme que 9,06 Wh, soit 37% de moins que la première heure de maintien. Cette diminution démontre l’efficacité thermique qui s’améliore au cours de la cuisson, et met en évidence l’intérêt d’avoir un thermostat plutôt qu’une résistance un peu moins puissante restant allumée tout le temps comme sur la yaourtière SEB Classic.
Le témoin lumineux
Entre deux chauffages, la consommation ne tombe pas à zéro. Observons 5 minutes pendant lesquelles le thermostat a coupé la résistance :
Yaourtière — 5 minutes sans chauffage
| Consommation | 22,0 mWh — < 0,001 € |
|---|---|
| Durée | 5min |
| Puissance | médiane | moyenne | maximale |
|---|---|---|---|
| 400 mW | 264 mW | 600 mW |
La consommation se stabilise autour de 400 mW. C’est le témoin lumineux rouge qui reste allumé en permanence pendant toute la cuisson pour indiquer que l’appareil fonctionne. Ce petit témoin devient d’ailleurs très visible dans la cuisine pendant la nuit :

Un témoin lumineux de ce type, s’il restait branché en permanence, consommerait 3,51 kWh (0,88 €) par an.
Le système de chauffage
Une fois les yaourts retirés, l’image thermique du bac vide révèle la forme de l’élément chauffant :

Le chauffage se fait de façon relativement homogène avec une forme rectangulaire caractéristique.
Comparaison avec d’autres yaourtières
Comment cette vieille yaourtière à thermostat mécanique se positionne-t-elle face aux modèles que nous avons déjà testés ?
Versus la SEB Classic (résistance simple)
La yaourtière SEB Classic utilise une résistance simple sans thermostat. Elle chauffe en continu à 15 W pendant toute la cuisson. Pour 10 heures de cuisson, elle consomme 147 Wh.
La Rowenta vintage avec son thermostat consomme 105 Wh pour la même durée, soit 29% de moins. Le thermostat fait la différence : en coupant régulièrement la résistance, il évite de surchauffer inutilement.
Versus la SEB Multi delices (électronique moderne)
À l’autre extrême, la yaourtière SEB Multi delices est un modèle haut de gamme bourré d’électronique avec écran, programmes automatiques et thermostat électronique. Elle consomme 268 Wh pour 12 heures de cuisson, soit environ 223 Wh pour 10 heures.
Son thermostat électronique alterne entre des pics à 450 W et des phases de repos, avec une puissance moyenne de 22,3 W. C’est plus du double de la consommation de notre Rowenta vintage.
Le thermostat mécanique vintage, champion de l’économie
Contre toute attente, c’est la vieille yaourtière Rowenta avec son simple thermostat mécanique qui remporte la palme de l’efficacité énergétique. Le simple fait d’avoir un vrai thermostat mécanique qui claque et coupe l’alimentation s’avère plus efficace que l’électronique sophistiquée ou qu’une résistance qui chauffe en continu.
Coût d’usage
Le coût électrique pour préparer 7 yaourts est de 105 Wh (0,026 €), soit 15 Wh (0,004 €) par yaourt. C’est dérisoire comparé au prix du lait et du yaourt de départ nécessaires à la préparation.
Il faudrait préparer 38 fournées de yaourts pour dépenser un euro d’électricité.
Si l’on prépare une fournée par semaine, la consommation annuelle sera de 5,46 kWh (1,37 €) par an. Le coût électrique de la yaourtière est négligeable. L’intérêt de faire ses yaourts maison est ailleurs : le plaisir du fait maison, et surtout éviter de jeter des pots à usage unique à chaque fois dans une démarche zéro déchet.
Conseils pour l’autoconsommation photovoltaïque
La puissance lors des phases de chauffe (autour de 32 W) est très faible. N’importe quelle installation photovoltaïque, même quelques panneaux plug & play sur un balcon, produira largement de quoi alimenter la yaourtière.
En revanche, la longue durée de cuisson (10h) impose de lancer la yaourtière le matin pour profiter de la production solaire sur toute la journée. Sur une bonne partie de l’année, 10h représente presque toute la durée d’ensoleillement disponible.
Cette yaourtière vintage, avec sa régulation par thermostat mécanique et sa faible puissance, est particulièrement bien adaptée à l’autoconsommation. Elle contraste avec la SEB Multi delices moderne dont les pics à 450 W sont plus difficiles à absorber avec une petite installation solaire.
Cela dit, avec un coût électrique de 105 Wh (0,026 €) par fournée, l’enjeu économique et environnemental reste modeste. L’autoconsommation pour la yaourtière doit s’inscrire dans une démarche plus globale pour avoir un véritable impact.
Pour aller plus loin
Pour comprendre de façon plus détaillée la consommation de cette yaourtière vintage, on pourrait :
- tester avec du lait sorti du réfrigérateur versus du lait à température ambiante, pour mesurer l’impact sur les cycles de chauffage ;
- mesurer l’impact de la température ambiante (été vs hiver) sur la fréquence des cycles du thermostat ;
- tester avec différentes quantités de lait (moins de pots) pour voir si le thermostat adapte ses cycles ;
- comparer avec d’autres modèles vintage à thermostat mécanique pour voir s’ils ont tous cette efficacité ;
- tester différentes durées de cuisson (8h, 10h, 12h) pour voir l’impact sur la consommation totale.
